YOURI GAGARINE

 

    Le 12 avril 1961, un homme quitte la Terre pour l'apesanteur. Il est soviétique et s'appelle Youri Gagarine. Voici un résumé de son aventure.

    Au moment du décollage, la fusée ne tremble qu'un petit peu. Gagarine ne s'en rend même pas compte. Mais quelque temps plus tard, quand l'accélération atteint 5g, il a des difficultés pour parler car ses muscles sont tirés par l'accélération. A cet instant, il voit parfaitement la Terre avec ses différents reliefs. Au moment où il coupe le 30ème parallèle nord, la liaison avec la Terre a quelques problèmes. Mais ce n'est pas grave, Gagarine connaît l'apesanteur : il a "l'impression d'être suspendu à l'horizontale". Il arrive à boire et à manger. Il décrit son aventure avec le magnétophone de bord. Le satellite rentre alors dans l'ombre de la Terre. "L'entrée est très brutale". Il ne voit plus la Terre, seulement quelques étoiles.

    Une demi-heure plus tard, à sa sortie de la zone d'ombre, il doit se préparer pour la descente : le cosmonaute resserre alors ses sangles, baisse la visière de son casque et sent les frémissements de la rétrofusée. Mais au moment précis où Gagarine remet le compteur à zéro, il ressent une secousse brutale qui fait tourner le Vostok (vaisseau spatial) à la vitesse de 30° / seconde. Il ne savait plus où il en était : par le hublot, il voyait passer sans arrêt l'Afrique et le ciel. La séparation avec le module devrait déjà avoir eu lieu. "J'ai compris que quelque chose n'allait pas". Au bout de deux minutes, rien , toujours pas de séparation, 5 minutes, rien, 8 minutes, toujours rien. Ce ne sera qu'à 10h35, soit 10 minutes plus tard que la séparation se fera. C'est alors qu'il rentre dans l'atmosphère : le vaisseau bouge dans tous les sens. Il entend un craquement. "Je ne sais pas s'il venait de la structure ou du bouclier thermique surchauffé". Il faut savoir que si le bouclier thermique se casse, la fusée explose. La décélération ne dépasse pas 5g. Il pénètre dans la cabine par un des hublots. La poussée atteint alors 10g. "Je commence à voir trouble" dit-il. Il rassemble alors toutes ses forces et se concentre sur l'éjection. A 7 000 mètres d'altitude, il est projeté hors de la capsule. Alors qu'il se trouve au-dessus de la Volga (grand fleuve), un vent de force 6 le pousse sur un terrain labouré où il se posera en douceur.

    Il lui faut maintenant trouver un téléphone. Au loin, il voit une femme et une fillette qui se dirige vers lui. Mais plus elles se rapprochent de lui et plus elles ralentissent. Le comportement est compréhensible : voir un homme habillé en cosmonaute en pleine guerre froide n'est pas rassurant. C'est ainsi qu'il crie : "Je suis des vôtres ! Je suis des vôtres ! Je suis un Soviétique ! N'ayez pas peur, ne craignez rien ! Je reviens du cosmos." Elles ont alors approché et ils ont fait connaissance. Puis il a téléphoné à sa base pour leur dire que tout s'était bien passé.

 Il fut ainsi félicité au grade de Major.

   

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